Prise de position sur la politique suisse de sécurité 2026

La SSH prend position à propos de la stratégie de la Suisse en matière de politique de sécurité
Le 12 décembre 2025, le Secrétariat d’État à la politique de sécurité (SEPOS) a ouvert la mise en consultation de la stratégie de la Suisse en matière de politique de sécurité. Face à la diversification des menaces, le Conseil fédéral poursuit une optique de sécurité globale, qui intègre tous les aspects de la politique extérieure et intérieure et qui prend compte des représentant·e·s de la société civile et de la recherche. Par conséquent, la SSH a pris part à la mise en consultation et a publié une prise de position à ce sujet.
Dans sa prise de position, la SSH souligne que le renforcement de la résilience sociale face à la désinformation et à la polarisation constitue l’une des mesures structurelles les plus importantes pour garantir la sécurité de la Suisse. À cet effet, un enseignement de l’histoire fondé sur des méthodes scientifiques et critique à l’égard des idéologies est essentiel à tous les niveaux de la formation. Les expertises actuellement menées concernant les plans d’études doivent donc insister tout particulièrement sur le renforcement de l’enseignement de la discipline histoire.
La SSH regrette en outre que, concernant l’«Encouragement de la collaboration de recherche dans des domaines technologiques pertinents pour la sécurité», plusieurs centres de recherche ainsi que de nombreux·ses chercheur·euse·s en sciences humaines – particulièrement en histoire – ne soient pas pris en compte. Une approche critique et scientifique de l’histoire militaire renforce en effet considérablement l’expertise en matière de politique sécuritaire et devrait par conséquent être soutenue financièrement et en personnel, tout en étant mieux intégrée aux réseaux de recherche nationaux et internationaux.
La SSH critique par ailleurs que le DDPS soumette d’importants fonds d’archives à des délais de protection prolongés de 50 et même 80 ans, sans raison apparente. Cela complique la recherche historique, voire la rend impossible. Afin de permettre un débat scientifique approfondi sur les questions de sécurité, un accès libéral aux archives du DDPS constitue une condition préalable indispensable au renforcement d’une approche critique menée par la recherche en histoire militaire en Suisse.
Un débat public et scientifique étayé est par principe enrichi par la publication de documents pertinents ayant trait à ces thématiques. L’étroite collaboration entre le DFAE et le Centre de recherche Dodis en est un exemple éclairant. Dans sa prise de position, la SSH suggère donc de lancer un projet similaire pour les documents du DDPS et de l’armée suisse.
Avec ces suggestions et initiatives, les bases d’une recherche éclairée — scientifiquement fondée et objective grâce à l’apport de l’histoire — concernant la politique de sécurité de la Suisse pourraient être posées.