sgg_logo   Briefwechsel Maurus Meyer von Schauensee
890610
LE PèRE A MAURUS

Lucerne le 10 juin 1789

Mon cher fils!
Sans m'amuser d'être prolixe en réponce sur les deux agréables, que vous m'avez fait le plaisir de m'écrire le 31 avril et 16 mai dernier passé, touttes deux ayant été retardée[s] en chemin de 8 jours au moin. J'ai appris par la première les troubles des fougueux peuples de Paris, contre le quel vous vous ètes exposé au point, que pour mois j'aimerois autant de parader contre un plus formidable ennemi, en nombre, en plaine campagne, qu'à des troups de canaille de la marque de ce coin. La 2e. m'etoit d'autant plus agréable, que son contenu me portoit des nouvelles plus interressantes et pour moi tout à fait satisfaisantes, d'autant plus que je vous voyais la belle occasion d'admirer la pauvre grandeur des Etats généraux et les magnificences qui les accompagne[nt] etc etc. Il faut laisser évaporer ces seigneurs, et les ministres du Roy leur maître leurs feront signer tranquillement leurs plans; et puis ces messieurs retournant à leurs provinces se diront en route: combien ils ont dit son fait au Roy.
Quant au manège à l'egard du commendement en question, vous n'auriez pû vous exprimer mieux à mes souhâits: voylà ce qui est arrivé de dépuis; tournez -
Sur un bruis obscur qui dépuis quelques jours se repandit en ville, d'une prochaine promotion dans le militaire en motion, moyenant la quelle l'ont vouloit présager les changements suivants...
Le maréchal de Sonnenberg - Lieutenant colonel.
Le maréchal Göldlin - Colonel du régiment de Sonnenberg.
Le capitaine commandant Schwytzer - Capitaine grenadier.
Le lieutenant colonel Gugi - Capitaine d'une compagnie ambulante
Le commandant de Sonnenberg- Successeur de la compagnie vacante cy devant du maréchal Göldlin
par consequent le commandement de notre cousin lieutenant colonel Göldlin aussi vacante. - Je ne tardois pas un moment d'aller voir Monsieur le colonel en forme pour lui addresser mes instances en votre faveur pour cette place; le priant de vouloir bien faire ses gracieuses reflexions sur vous sans pourtant prétendre de gêner sa convenance ou les interets de sa maison. Sur quoi il me combla avec mille politesses et assûrances d'estime pour vous, suivi[es] du malheureux mais, que dans cette conjoncture il ne pouvoit aucunement se refuser au jeune Göldlin, à lui recommendé par son pere le maréchal, auquel il avoit tant d'obligations du temps passé, et beaucoup d'interets à s'conserver son amitié pour l'avenir; lui convenant en outre de perpetuer cette compagnie dans la famille de Göldlin.
Je le remer[c]iai avec resignation autant que la bienséance le veut, vous reccomendai à la continuation de sa bienveuillance en d'autre conjoncture; et le reste est reserré en mon coeur, qui sait dissimuler, sans s'affliger. Tela praevisa minus feriunt! Il est même un problême de savoir, si la promesse de cette place eût repondue à l'ésperance at à l'attente qu'on en avoit. Qu'en scait-on en quel état cette compagnie se trouve? Mais aussi doute-je, si le jeune Göldlin en sera le restaurateur! Le temps nous enseignera tout. Tachez de vous conserver la bienveuillance de Mr. le colonel d'Affry et d'autres puissants patrons et ne doutez point, que d'ailleurs votre bonne conduite vous hâtera votre avancement, que la Providence vous à destiné, et que je vous souhâite de tout mon coeur sous la benediction du Ciel.

[paraphe]


Toutte la maison vous fait des compliments.
L'affaire de Studer votre soldat client est en train de poursuivre, dont je me ferai rendre raison de son tuteur!
Un[e] ajointe de Mr. le marquis auditeur, - qu'il m'a remise pour vous.

A Monsieur / Monsieur Maur Meyer / de Schauensée Offr. aux / Gardes Suisses / par Bâle./ près Paris. /à Courbevoie


890610.PE-M.(AN:T1534/256)(5.8.93).(CO.1)