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Briefwechsel Maurus Meyer von Schauensee |
890408 LE PERE à MAURUS
Lucerne le 8 avril 1789
Mon très cher fils
Vos 2 cheres lettres, l'une de
Château-Thierry, du quant sai-je? et l'autre du 30e.
d'av[r]il, au lieu de mars, nous ont bien réjoûi. Nous en apprenons
avec plaisir votre heureux retour à Courbevoie, après avoir
été bien éclaboussé en route: et que vous vous
portiez bien, dont je vous soûhaite la parfaitte continuation. Aussi les
nouvelles, que vous nous donnez de la Nannette sur sa santé
aussi-bien, que sur sa bonne et loüable conduite, nous étoi[en]t
très consolante[s]: nous en venons [de] recevoir par sa lettre le
recit du plaisir qu'elle avoit de vous voire sur le moment de votre passage,
nous dépleurant en oûtre la perte, qu'elle avoit faitte de deux
compagnonnes de pension-filles de la Suabe. J'étois de
même très satisfait de la maniere, dont Mr. Rusca
s'est énoncé à vous sur mon operation et sur la conduite
que j'ai prise à son égard pour la sollicitation du Grand
Conseil: dans peu je l'en assurerai encor davantage de vive voix;
voilà mon vilain de Durler! Sur le compte de Peyer, je me
reserve de même son retour, pour en pa[r]lementer. Icy nous nous portons
tous bien: point de nouvelle remarquable - La mort de Pierre Louis
Schwytzer, vous l'aurez appris par le capitaine, son frere à
Argenteuil.
L'on se dit à la sourdine que le chancellier
Pfyffer est en peine pour faire sa resignation de son secretariat
à Willisau; le tout étant en désordre.
Mr:
Rusca a eu tort de trouver mauvais à son epouse, qu'elle aye entertenue
pour quelques jours sa niece chez elle. Si je lui en dirai les vraies raisons,
je ne doute pas qu'il s'en tranquilisera. Maintenant une comission ... .
Il
se presentera dans peu chez vous aux casermes un nommé Antoine
Mali, natif de Mären /: Moravie :/ - de sa profession [il] n'est
qu'un tailleur; cy devant domestique chez notre nonce Vinci,
le quel il vient [de] quitter en Italie sans en prendre congé. Il est
venu trouver icy l'internonce auditeur Guerrieri, auquel il fit ses
excuses sur son brusque départ de chez son illustre maitre disant que la
peur l'y avoit engagé, ayant été menacé d'être
tué par un Italien. Que que ce soit: il fut gracieusement traitté
par le marquis et congedié honorablement pour repartir pour Paris,
où il se trouvera maintenant, et d'où il vient [de] demander
à Battist Suess, domestique de l'auditeur, qu'il lui fasse passer
quelques argents sur ses effects et sur un reste de gages qu'il avoit
encore à pretendre à la Nonciature. Sur q[u]oi le dit Battiste,
avec l'agrement de son maitre, Monsieur l'auditeur, vous fait prier de vouloir
bien payer au surnommé Antoine Mali lorsqu il s'en presentera
[l'occasion] six gros écus, ou 1 1/2 louis neuf autant qu'il m'a
payé icy, et que je le tiens en main pour votre compte et à
votre disposition. Mr. le marquis, qui vous fait faire bien de
complimens amicales, vous fait prier de ne donner rien de plus au dit Mali, de
ce que vous est préscrit cy dessus: il en aura ses raisons pour
cellà. En son temps vous m'en fairez savoir le succès. Si ce
n'avoit été l'auditeur je ne vous en aurai[s] point
embarrassé de cellà. Portez vous bien - que le Ciel vous
benisse!
R Meyer de Schauensée
A Monsieur / Monsieur Maur Meyer / de Schauensée
Officr. au / Régt. des Gardes Suisses / Du Roy. /
à Courbevoie / pres Paris.
890408.PE-M.(AN:T1534/187)(5.8.93).(CO.1+)