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Briefwechsel Maurus Meyer von Schauensee |
891129 MAURUS A FRANZ BERNHARD
Courbevoie le 29 9bre [1789]
Mon cher
Tu veux, que je t'écrive plutot deux fois qu'une fois
par semaine? Eh bien voici donc encore une lettre, dans laquelle je te fais
part, qu'il fut decidé dans le conseil des dieux, que la lettre du Canton
quelque ridicule qu'elle soit, sera proclamée mardy prochain, et
que tous le sujets lucernois de toutes les compagnies soient rendus à
Courbevoie pour assister à la lecture, qui sera faite par moi (honneur,
qu'à la verité je n'ambitionnois pas). Il y aura en outre
trois capitaines, c'est pour imposer d'avantage au soldat, qui dira, nous ne
nous sommes jamais revoltés, s'il y a des gens qui se sont mal conduits,
punissez en les individus, ou denoncez les au Canton, pour qu'il fasse meilleure
justice, que celle, d'avoir laissé impuni ces fuyards, qui ont
quittés l'été passé leurs drapeaux, et se sont
portés aux excès les plus comdamnables, et qui actuellment sont
tranquilles chez eux.
Je t'en dirai les suites à son temps.
Tout
le monde me conseilles d'aller chez Mr. de La Fayette après [la] lettre
gratieuses, qu'il m'a envoyée. Je ne suis point de cet avis. Je veux
absolument être à l'abris de tout reproche, qu'on puisse me faire,
comme si j'avois quêté ou mendiés la croix, en cas que je
l'obtiendrai. C'est cette raison, qui m'a engagé à ne point le
voir, excepté à me faire inscrire une seule fois, pour qu'il
sache, que je suis encore en vie. Il paroit même que Mr: de La Fayette,
dont j'ai eu l'occasion d'etudier le caracter, l'ait pris, comme il doit le
prendre, puisque au bout de deux mois à peu pres il m'envoye un petit
souvenir.
Ces jours passés nous avons encore eu une terrible
émeute à la cazerne. Ce n'étoit rien moins que celle des
musiciens, qui n'ont pas voulu aller à l'éxercice. C'est moi qui
fut chargé de cette expedition aussi glorieuse qu'importante, et un
moment, après, leurs ayant donné une savonnade d'importance, je
suis sorti victorieusment à la tête de la musique. Pour les en
recompenser on leur ota touts les privileges, que Zimmermann leur a bien voulu
accorder sous l'ancien régime.
Me voici à la tête de la
colonne le premier pour avancer. Tu ne m'a pas satisfait sur ce qui concerne mon
frere, s'il a de l'envie de servir ou non. Ce que tu me parle de tacher de me
procurer une femme aimable et riche, je le regarde comme plaisenterie, mais je
ne dit [pas], que cette plaisenterie ne puisse se realiser un
jour. Au moins j'aurai grand soin de frequenter regulierment la maison du maire
qui ainsi que Madame, comme je te l'ai dit, me regardent comme un enfant cheri
de la maison, et pourront faciliter mes vues, si le temps ou une reflexion mure
en feront naitre.
Bien de choses à mes parents particulierment
à Hertenstein.
Je te salue de coeur et d'ame.
[sans signature]
A Monsieur / Mr. Meyer de Schauensée / le fils / A Lucerne
/ en Suisse.
Original: AELU PA 799 / 16684.
891129.M-FB.(AELU:PA799/16684)(28.11.93).(CO.1)